Le rapport d’étape présenté en juin 2010 par le Ministre BAROIN évalue la mise en oeuvre des décisions prises en 2008 et énonce un certain nombre de mesures.
Nous pouvons dans notre quotidien subir leurs conséquences et relever les contradictions entre les objectifs annoncés, les mesures développées pour les atteindre et leurs effets réels.
J’illustrerai mon propos en m’appuyant sur ces trois objectifs développés dans le rapport d’étape : La reconquête du mois de juin / optimiser la qualité de l’accueil et du service rendu aux familles et faciliter leurs démarches / Renforcer l’efficience des services administratifs de l’Education Nationale.
Objectif : Optimiser la qualité de l’accueil et du service rendu aux familles :
_ Quelles réelles évolutions pour les élèves et leurs familles ?
Un calendrier incohérent qui ne permet pas d’informer efficacement les familles et les élèves (l’affectation post-troisième en constitue l’exemple type), une mise en oeuvre extrêmement variable d’un EPLE à l’autre, un traitement inéquitable des élèves ... Ces difficultés et incertitudes touchent de manière plus forte les familles les moins en prises avec le système éducation nationale. Est-ce cela optimiser le service rendu aux familles ?
Une juxtaposition de mesures qui deviennent incompréhensibles pour le plus grand nombre, le brevet des collèges et les procédures d’affectation post-troisième en constituant le paradigme : DNB : notation, évaluations de compétences (A2, Bii), information des familles par l’attestation du pilier 3, oral de l’histoire des arts qui prend la place de l’option facultative)... AFFECTATION : des notes et des compétences (mais pas celles du socle et pas évaluées sur les mêmes critères...). Est-ce cela faciliter les démarches ?
Comment donner du sens et valoriser ce premier examen auprès des élèves et des familles ? Comment permettre une compréhension réelle du système dans toutes ses dimensions pour favoriser une réelle égalité de traitement des élèves et de leurs familles, notamment les plus fragiles ?
Les personnels de direction sont une nouvelle fois en première ligne face au mécontentement des usagers et doivent palier les déficiences dues aux choix politiques opérés.
Objectif : renforcer l’efficience des services administratifs :
Quelle est actuellement l’évolution de l’efficience des services de l’éducation nationale ?
Nous le vivons tous au quotidien : un moindre service rendu aux établissements dû à la centralisation de services (examen par exemple) qui entraîne un surcroît important des charges pour les personnels. Ce surcroît entraîne de nombreux retards, quand ce ne sont pas des erreurs (pour rester sur les examens, erreurs de comptage, d’empaquetage, de sujets...). Les personnels de direction doivent prendre sur leur temps pour rectifier tous ces ratés afin d’assurer le bon déroulement des examens, ce que nous faisons, mais à quel prix ?
Pour diminuer les effectifs des IA et Rectorat, de plus en plus de tâches sont déléguées aux établissements, souvent sous forme d’applications informatiques (vérification de la validité du contrat des vacataires, Mosart pour les retenues sur salaire, Ulysse pour les déplacements, ...). Autant de charges chronophages qui retombent sur les établissements, qui ne gagnent pas pour autant en personnel administratif !
Des incohérences de calendrier : des procédures d’affectation parfois réalisées avant la tenue des conseils de classe, et des remontées statistiques à réaliser avant que les données puissent être connues (Stories)...
Des services qui ne sont plus capables de donner les éléments permettant d’avancer dans la préparation de rentrée en temps utiles (cf. postes partagés, BMP, ...) Le travail des personnels de direction s’en trouve décalé entraînant des congés d’été de plus en plus réduits.
La juxtaposition des tâches essentielles (examen, orientation, préparation de rentrée) qui provoque souvent un malaise, si ce n’est un mal être, lié au sentiment de réaliser des tâches partielles, dispersées, sous très forte contrainte temporelle...
Autant d’éléments qui créent un profond sentiment d’insatisfaction des personnels de direction. Si l’efficience peut se définir comme l’atteinte d’un résultat identique à un moindre coût, le snU.pden-FSU affirme que le compte n’y est pas :
le résultat n’est pas stabilisé, il y a perte de services tant aux usagers qu’aux établissements
le coût n’est pas moindre : peut-être y a-t-il économie financière, mais à quel prix pour les personnels ?
Cette politique pénalise tant les personnels que les usagers. Pour la sauvegarde de l’Education Nationale, pour nos conditions de travail, pour la réussite de nos élèves nous devons exiger des modifications profondes tant des politiques éducatives que de celle du recrutement.




